Il l'emporte au gré du temps, sur l'air d'une valse. Le temps d'une valse pour se jeter dans un corps à corps perdu, à la fois tumultueux et langoureux. Il l'emmène pas à pas jouer, lentement, parcourant la pièce. Le monde autour d'eux ne paraît plus exister, ou peut-être n'existe-t-il déjà plus à leurs yeux. La valse devient plus prononcée, plus rapide, plus menaçante, il s'attache à cette mélodie, et entraîne la jeune femme avec lui, dans un tourbillon de haine, de rancoeur, et de violence. Ils ne se quittent pas d'un regard ni d'un battement de cil, un regard à la fois dur et provocateur, un de ceux qui signifie "sais-tu comme tu me fais souffrir?" et un autre au répondant "j'ai souffert, j'ai pleuré avant toi, à chacun son tour". A chaque pas, ils s'enferment un peu plus dans leur monde rendu si glacial, à chaque pas, ils cherchent à celui qui gagnera ou perdra, la destruction est désormais devenue leur mot d'ordre. Elle se laisse guider par la main de son partenaire et tourbillonne sur elle-même, il regarde ses longs cheveux bouclés suivrent son envol. Malgré leur rancoeur, leur haine mutuelle, leur façon bien à eux de se faire du mal dans une valse acharnée, la rencontre amer de leurs regards telles des lances acérées, ils refusent de se lâcher. Parce que malgré tout, il l'aime, elle l'aime. Ils s'aiment.


