Ta voix caresse encore mes tympans et tes mains parcourent mon visage. Tes yeux. Tes yeux m’observent. Eux seuls comptent. Mélangeant compréhension, refus forcé, douceur et agressivité. Ton combat, je le lis. Tu sais, mon amour, cela m’a suffit pour déceler le moindre de tes états passagers. Tout en toi n’est qu’affrontement. Entre volonté et raison, tu glisseras malgré tout dans l’abîme. Dis le moi, que faut-il faire ? Suivre ses désirs, ou bien écouter cette voix de la sagesse, qui s’acharne à nous faire croire qu’elle a raison ? Comme si sous un air tout puissant, elle chercherait à nous écraser par son imposante supériorité. Parce qu’elle tente de nous persuader que nous, sous le symbole de la jeunesse naïve, nous fonçons tête baissée dans un mur. Et puis, tiens, si on le savait ? Chaque jour, chaque nuit, nous en prenions un peu plus conscience. On se détruisait. On s’auto détruisait. Ne dis pas le contraire, nous vivions dans l’illusion la plus complète, reniant le mal que créait un choix. Notre choix. On ne pouvait s’avouer vaincu, déposer les armes et admettre que, pour une fois, nous nous étions peut-être trompés. Qui sait, si le lendemain tout ne s’arrangerait pas ? Un grand pas en avant ? Non, bien sur. Et notre amour devenait source de tourments. Et de dangers. J’étais aussi perdue que dans un labyrinthe sans issues. Abandonnée. Apeurée. En contradiction avec moi-même. Sans ne savoir que faire, quel chemin prendre et si je devais rester là à attendre, à attendre en vain, ou bien tenter de trouver un moyen de libération.


